18.9.19

Les règles, en douceur et zéro déchet


Cet article fait partie de ceux qui m'ont été le plus demandés, et il s'est fait attendre, j'en conviens. Vous le savez, sur ce blog, j'aime produire de longs articles issus de mes réflexions, de vrais tests des produits et avec de vrais conseils. Tout ceci prend du temps. Quand on essaye de limiter sa consommation, cela s'applique aussi aux datas et j'ai à cœur de produire du travail de qualité ici, qui vous sera vraiment utile, et non un énième contenu superficiel. Comme nous sommes une bonne moitié de l'humanité à avoir nos règles régulièrement, j'ai pensé qu'un article sur le sujet, et sur ma manière de les gérer au mieux en harmonie avec mon corps et avec la planète, vous intéresserait. C'est parti ! Bonne lecture.

1. Prendre du temps pour soi et être à l'écoute de son corps


Chacune d'entre nous est différente, et il y a autant de SPM (syndrôme pré-menstruel) qu'il y a de femmes dans le monde. Certaines femmes sont régulières, d'autres non. Cycle après cycle, soyez à l'écoute de vous-même, de vos ressentis et de vos émotions. Vous pouvez vous aider en notant les symptômes, sur un carnet ou bien sur une application. J'utilise P-Tracker depuis des années et cela me permet de retrouver toutes les statistiques sur la durée de mon cycle, les symptômes tels que mal aux seins, nausées, boutons, maux de dos, ballonnements, crampes, vertiges, douleurs, maux de tête, insomnie etc. ainsi que les humeurs, représentées par de petits émojis (charmeuse, anxieuse, calme, irritable, affamée, triste etc.). Vous pouvez aussi en parler avec votre amoureux/se. Cela peut être une formidable occasion de communiquer mieux avec son partenaire. Le mien a carrément son appli synchronisée avec la mienne sur son téléphone et il sait  très bien où j'en suis dans mon cycle. Il se montre ainsi plus compréhensif et un vrai soutien dans les périodes difficiles. 

Les règles sont douloureuses pour la majorité des femmes, et même souvent très douloureuses pour certaines qui souffrent d'endométriose, de kystes ou autres. Certaines femmes ne peuvent plus rien faire, ni activité sportive, ni travail, ni tenir la maison. Personnellement, à la fin du cycle et encore plus à partir d'un ou deux jours avant le début des règles, je sens une très forte baisse d'énergie, une grande tristesse m'envahir, une irritabilité, une sensibilité à fleurs de peau. C'est le fameux SPM. Comme j'en connais la raison, je ne m'alarme pas. Au contraire j'essaye de me montrer bienveillante avec moi-même. C'est une période où j'aime réfléchir. J'aime prendre le temps d'écrire, décharger mes émotions, faire des activités artistiques, écouter mon intuition. C'est une période où j'apprécie la solitude. Cela continue avec l'arrivée des règles qui sont presque comme un soulagement (si on oublie la douleur), je sais que les jours sont comptés. Pendant les règles, j'ai très mal aussi je préfère rester au calme, me reposer et écouter mon corps. Je me sens intuitive, spirituelle et déjà bien moins en colère. Une occasion idéale pour des moments de cocooning.  

Puis vient la pré-ovulation, où je me sens énergique, sociable et joyeuse, j'ai plus ou moins envie de conquérir le monde, c'est le moment où je fais des projets, où je remplis mon agenda de rendez-vous, où je m'autorise des fantaisies, et où je me sens plus sensuelle et séductrice. La magie des hormones ! Je m'en sers aussi dans ma vie professionnelle, si c'est possible, car je sais que ce sont les jours où j'ai le plus confiance en moi. Et je termine avec la période d'ovulation, celle qui fait appel à notre capacité de mère, celle où je me sens en communion avec mon amoureux, celle où je me sens emplie d'amour pour les autres, rayonnante et empathique. C'est une période où j'ai envie de reprendre contact avec mes amis, d'avoir de vraies conversations profondes, de me sentir proche des gens. 

Il ne vous aura pas échappé que la durée du cycle colle avec le cycle lunaire, et c'est pourquoi on dit souvent que le féminin se rapproche du lunaire. Il existe d'ailleurs deux type de cycles féminins et lunaire, celui de la lune rouge (début de cycle à la pleine lune) et celui de la lune blanche (début de cycle à la nouvelle lune. Personnellement je suis en ce moment sur le cycle de la lune blanche, je trouve cela fascinant d'être autant connectée à la nature. Voici un calendrier lunaire pour que vous puissiez regarder pour vous, et n'hésitez pas à me raconter cela en commentaire, je suis curieuse !

2. Quelques astuces naturelles pour aider à supporter les douleurs


J'ai longtemps eu des douleurs atroces pendant les règles. Au lycée je passais la journée à l'infirmerie et c'était vraiment l'enfer. Evidemment j'en ai parlé à mon médecin et à mon gynéco. J'ai à peu près tout testé niveau chimique :  la pilule, les anti-douleurs, les anti-inflammatoires, les progestatifs en continu, ou encore le célèbre antadys.  Pilule et progestatif, j'ai arrêté après 7 ans, quand j'avais 25 ans. Une véritable délivrance car j'avais subis de plein fouet de nombreux effets secondaires visibles (perte de cheveux, prise de poids, baisse d'énergie et de libido) et invisibles. Je ne voulais plus mettre toute cette chimie dans mon corps, qui me coupait d'un cycle hormonal normal. Le retour au naturel a été top, j'ai retrouvé une libido joyeuse et une formidable énergie  (qui m'a même un peu dépassée le mois juste après l'arrêt, j'en rigole encore).

J'ai récemment compris que l'antadys, qui soulageait souvent mes douleurs, avait parmi les nombreux effets secondaire annoncés, un risque important de diminution de la fertilité. Vous savez cette petite pilule bleue magique prescrite par le médecin, qui soulage nombre d'entre nous (celles qui n'en subissent pas les effets secondaires tels nausées, vertiges, diarrhées). J'ai décidé d'arrêter de la prendre. Depuis l'enfance je suis consciente de tout ce que les médicaments, antibiotiques ou autres, ont fait de mal à mon corps. Les intestins flingués, les mycoses dès que j'avais une angine etc. Et puis, ma fertilité, encore plus à 32 ans, j'y tiens, pas envie de jouer avec ça. Aussi, j'essaye de limiter au maximum les médicaments. 

Tout le monde connait l'astuce, mais on n'a jamais fait mieux, pendant les douleurs menstruelles, la bouillotte est ta meilleure amie. La mienne est un bouillotte vache offerte par ma mère quand j'étais au lycée et qui m'a clairement servi chaque mois depuis 17 ans ! Avec son apport de chaleur, la bouillotte est la méthode la plus naturelle et efficace contre les règles douloureuses. La chaleur va détendre les muscles qui se contractent pendant règles, combattre et apaiser la douleur.

J'utilise aussi un remède tout simple, je bois des tisanes de feuilles de framboisier, qui sont de super alliées de la femme dans toutes les périodes de sa vie (puberté, règles, fécondité, accouchement, allaitement, ménopause). La feuille de framboisier contient un certain nombre de vitamines A, B, C, E, riche également en calcium en magnésium, en potassium ainsi que de l’acide folique. La feuille de framboisier révèle des vertus absolument insoupçonnées.  La feuille de framboisier serait riche aussi en minéraux comme le fer et contiennent également de nombreux oligo-éléments essentiels comme le zinc le chrome, le manganèse. Elle est riche également en tanin, un anti-inflammatoire efficace pour le traitement des problèmes liés à la digestion, qui viennent d'ailleurs aussi souvent nous gêner pendant les règlesmais surtout, elle a une action sur les règles douloureuses et abondantes et vient harmoniser le cycle. J'en consomme 2 à 3 tasses par jour dès le SPM. Evidemment choisissez la bio, en herboristerie,  pharmacie, magasin bio ou sur internet, comme chez La Fourche, ou préparez-la vous même si vous avez la chance d'avoir des framboisiers au jardin. 

Autre petit remède miracle naturel : l'huile essentielle d'estragon ! Mélangée à une huile neutre (j'utilise de l'huile d'amande douce achetée en vrac chez Petit Grain, mon épicerie vrac préférée à Bayonne) elle m'apporte un vrai apaisement en massage sur le bas du ventre et le bas du dos. L'huile essentielle d'Estragon est un puissant antispasmodique. Elle apaise les douleurs amplifiées par le stress et calme les tensions. Ses propriétés anti-inflammatoire et antidouleur permettent, entre autres, d'éliminer les spasmes, l'aérophagie et les crampes musculaires, causes des douleurs des règles.



3. Quelles protections hygiéniques en accord avec la nature ?


Et quand je parle de nature, je parle à la fois du respect de son corps, et de celui de la planète. 
Sur une vie, c'est 100 à 150 kilos par personne réglée de protections hygiéniques, serviettes, tampons, applicateurs qui sont jetés. Ces protections ne sont évidemment pas biodégradables, ni recyclables et elles sont extrêmement polluantes à produire, par l'usage de pesticides sur les champs de coton, de l'eau ou encore des produits chimiques pour les blanchir, et évidemment tout un tas de dérivés de pétrochimie. Nous mettons au contact de notre plus grande intimité tout un tas de perturbateurs potentiellement dangereux, sans parler des risques de syndrome du choc toxique (SCT), une affection potentiellement mortelle bien souvent liée aux tampons. Toute cette exposition à des polluants et perturbateurs endocriniens vont provoquer des transformations hormonales, et des transformations cellulaires qui vont entraîner soit de l'endométriose, soit d'autre pathologies comme l'ovaire micro-polykystique (un syndrome qui fait que l'ovaire ovule plein de fois mais mal). Ces protections hygiéniques jetables (même bio !) sont en fait une des raisons des douleurs anormales et ont des conséquences !

Je ne peux que vous recommander l'excellent documentaire "28 jours" de  Angèle Marrey, Justine Courtot et Myriam Attia disponible sur youtube qui nous apprend tout un tas de choses sur les règles, et qui ne vous prendra pas plus de 30 minutes, très pédagogique et précis, à regarder avec son partenaire, sa sœur, ses copines. Il est vraiment excellent ! On y traite les règles de manière très complète : culturelles, historiques, scientifiques, psychologique, ou encore économique. Elles ont ainsi calculé que les règles coûtaient en moyenne 5700 € par personne réglée sur une vie. Le Huffington Post va jusqu'à affirmer que les règles coûteraient jusque 23 500€ euros sur une vie !

Le flux instinctif libre (FIL)


Depuis que j'en avais entendu parler en regardant des vidéos sur youtube j'avais très envie d'en savoir plus sur cette méthode. Je vous vois déjà froncer les sourcils mais sachez que le flux instinctif est la méthode utilisée par la moitié de la planète et ce depuis des millénaires. Elle est basée sur une méthode très simple, celle d'être à l'écoute de son corps. Quand on porte un tampon ou une cup, on ne se rend pas compte de quand arrive l'écoulement du sang, ni de la quantité. Tout d’abord le sang coule de l’utérus dans le vagin puis quand on le sent couler dans le vagin, c'est le signal d'alarme qu'il faut aller aux toilettes. C'est le moment de mettre votre périnée et vos muscles pelviens en action pour ne pas que le sang s'écoule sans votre culotte. Quand vous êtes aux toilettes, il suffit de relâcher les muscles, de pousser, et de laisser le sang s'écouler. 

Je ne vais pas vous mentir c'est un peu plus difficile que de se retenir d'uriner, et cela demande une écoute de son corps et un peu d'apprentissage.  Cela devient même quasi impossible à maîtriser en cas d’éternuement. J'ai cependant réussi dès les premiers cycles. Une condition cependant, avoir accès facilement à des toilettes ! Si vous êtes vendeuse, serveuse ou guide de randonnée, cela parait difficile. Comme je travaille de chez moi, c'est la méthode la plus indiquée car la plus naturelle. Je le fais même parfois maintenant de façon totalement inconsciente, cela devient un automatisme. La nuit, j'essaye au maximum aussi de ne rien mettre et quand je pratique le flux instinctif total sur un cycle il n'y a quasiment jamais d'accident, la position allongée ne favorisant pas l'écoulement, je me réveille si il y a besoin d'aller aux toilettes. 

Le très bon point de cette méthode, c'est qu'elle respecte tout à fait la nature et me permet d'avoir un plus grand contrôle de mon corps. J'ai d'ailleurs moins de douleurs en FIL, et mes règles sont passées de 5-6 jours à 3-4 jours. Je me sens en confiance et même un peu fière de moi de réussir à gérer mon flux, tout en connaissant mieux mon corps, mon périnée ce qui est un vrai plus aussi pour le plaisir sexuel. Pour résumer le FIL est pour moi très avantageux puisqu'il est économique (c'est gratos), écologique (aucun déchet), moins douloureux, qu'il ne génère pas d'odeur et qu'il favorise la connexion à soi.

La cup menstruelle 


Nous sommes maintenant assez nombreuses à l'avoir adoptée. Il y a bientôt 4 ans, j'achetais ma première cup sur le site des Tendances d'Emma qui était assez précurseur en France sur le zéro déchet. Je vous en avais déjà parlé dans cet article sur mes début en zéro déchet dans la salle de bain
Il y a beaucoup de croyances sur les règles, par exemple quand je mettais encore des tampons et des serviettes, j'étais persuadée que j'avais un flux très abondant. Avec la cup j'ai découvert que la quantité était bien moins importante, de l'ordre d'une cup par jour. Cette cup est vraiment top parce qu'elle a été mon unique protection pendant 3 ans, qu'elle est en silicone médical et fabriquée en France. Une fois bien insérée on ne la sent plus du tout. Dorénavant je privilégie la cup environ un jour par mois quand j'ai vraiment envie de ne pas penser à mes règles de la journée (rendez-vous client, vadrouille, piscine etc.). 

Insérez-la propre et désinfectée dans une position confortable en la pliant  et laissez-la s'ouvrir à l'intérieur de votre vagin, elle va coller aux parois un peu comme une ventouse. Faites la légèrement tourner pour qu'elle soit bien placée. Cela implique d'être à l'aise avec son intimité (pas toujours facile quand on est très jeune), et dans un lieu où l'hygiène est irréprochable. Vos mains doivent être propres. La cup doit être désinfectée en début de cycle en la mettant dans l'eau bouillante. Ensuite il suffit de la rincer seulement. C'est pourquoi il parait essentiel que les toilettes publics soient équipés de lavabo, ce que vous trouverez facilement le cas échéant dans les toilettes handicapés. Personnellement je la vide une ou deux fois par jour. 

Avec le temps, la cup peut prendre une couleur un peu jaune. C'est normal, le sang étant très coloré. Pour lui faire retrouver sa couleur d'origine, il suffit de placer votre cup dans un bocal avec 1/3 d'eau oxygénée et 2/3 d'eau pendant une nuit. Je vous ai mis une petite photo dessous, c'est une super méthode ! 


Les culottes menstruelles 


Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je trouve que c'est LA méthode la plus adaptée quel que soit l'âge ou la situation. Je regrette bien de ne pas en avoir entendu parler plus tôt. Il semblerait que les culottes menstruelles soient arrivées sur le marché suite au scandale des tampons (aviez-vous vu le documentaire Tampon, notre ennemi intime il y a deux ans ?), qui allait aussi complètement dans la tendance écolo d'arrêter les protections à usage unique, et donc aussi le zéro déchet. De nombreuses marques ont vu le jour, certaines ont pris leur temps, via du crowdfunding, d'autres ont une toute petite production (une seule fondatrice qui fait elle-même les culottes par exemple). 

Les avantages de la culotte de règles :
  • Écologique car elle va remplacer des milliers de protections hygiéniques polluantes.
  • Bonne pour la santé car on se s'expose plus à tous ces perturbateurs.
  • Economique parce qu'on n'aura plus à acheter des protections à usage unique
  • Confortable et facile : plus besoin d'y penser, on reste au sec et sans odeur toute la journée !
Les quelques points faibles :
  • Si on a un flux très abondant il faut pouvoir la changer, cela n'est pas toujours possible au travail, en déplacement.
  • Elles sont chères, donc il faut investir au début.
  • Elles sont plus épaisses qu'une culotte classique, cela peut se voir avec certains vêtements moulants.
  • Il faut la rincer et laver chaque soir à l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit claire.
Bref, suite à une pub Facebook j'ai fait ma première commande de culotte il y a un an auprès d'une marque américaine déjà bien implantée. Depuis j'ai voulu tester des culottes françaises pour pouvoir vous dresser un tableau test de toutes les culottes que j'ai testé. Pour l'instant elles sont au nombre de quatre, mais je ne manquerai pas d'ajouter dans cet article les futurs tests à venir. J'avais envie de tout tester mais j'ai été bloquée par le budget, et je ne voulais pas non plus tomber dans la sur-consommation. Pour une femme avec un flux moyen, 3 culottes devraient suffire.

1. La culotte THINX


Le projet : Thinx est une des marques pionnières en culotte menstruelle, elle est américaine et basée à New-York. Elle a été montée en 2011 (déjà!) paAntonia Saint Dunbar, Miki Agrawal et Radha Agrawal. Elle prône la body positivité et est très engagée dans le féminisme et la libération de la femme. Suite à une affaire de plainte pour harcèlement auprès de leur co-fondatrice, Thinx a connu une période difficile mais l'équipe ultra motivée à continué à travailler sans leader, avec un très bon chiffre d'affaire. C'est dorénavant Maria Molland qui est à la tête de Thinx et que je trouve extrêmement inspirante, Thanx a d’ailleurs doublé en un an et demi depuis son arrivée et également la société dirigée par les femmes à la croissance la plus rapide du 2018 Inc. 5000 , avec un chiffre d'affaires de 39,6 millions de dollars en 2017.

Fabrication : Les culottes sont fabriquées au Sri Lanka et la marque est très éthiquement engagée auprès des femmes là-bas sur trois piliers : bien être des employées, leadership au féminin et environnement, ils prévoient d'être 100% zéro déchet d'ici 2025. La partie intérieure est en coton (ils proposent aussi des modèles en tout coton bio). On a aussi reproché à Thinx de traiter le tissu absorbant avec une application d’argent (zéolite) dont on ne sait s'il est dangereux ou aps pour l'homme ( pour l'instant classées non toxique mais bon autant éviter).

Modèle et prix : De très nombreux modèles il y en a pour tous les goûts. J'ai choisi la Hiphugger vendue 34 euros plus 9€ de frais de port.

Mon avis j'adore cette culotte parce que c'est la première que j'ai utilisé et qu'elle a été une révolution pour moi. J'aime beaucoup cet élastique taille plutôt haute qui est très enveloppant et le fait qu'elle soit légère et peu épaisse. Je la lavais tous les soirs en espérant qu'elle soit sèche pour le lendemain et cela m'a vite décidé à en acheter une autre, plutôt française. En effet j'ai vu que certaines personnes ont du payer des frais de douane en plus des frais de port, maintenant que nous avons des alternatives françaises, autant consommer local. Si j'allais aux Etats-Unis, j'adorerais en re-commander.

2. La culotte Rejeanne


Le projet : La culotte Rejeanne a été créée par Wye et Alexandra, anciennes avocates et amies de longue date, suite à une prise de conscience lors du congé maternité d'Alexandra (le post partum, tout ça..). Une fois encore c'est l'inconfort qui revenait, le manque de douceur, et l'impact environnemental effarant. Elles sont passé par du crowdfunding et ont vendu 800 culottes en 24 heures sur Ulule !

Fabrication : Elles sont fabriquées en France dans des ateliers qui travaillent pour de grandes maison françaises, avec des matériaux sains et certifiés OEKOTEX 100 et sans nanoparticules d'argent.

Modèle et prix : La fine dentelle sur les bords est très mignonne. Sur le site vous trouverez de très jolies modèles avec beaucoup de choix, dentelle, plumetis, couleurs du 34 au 50. J'ai choisi le shorty callie noir pour 39€, frais de port offerts. A noter que beaucoup de modèles sont en rupture de stock. 

Mon avis : C'est vraiment une de mes préférée parce qu'elle est vraiment jolie et confortable, et made in France. Petit bémol cependant sur la partie protectrice qui ne monte pas assez en avant selon moi, je l'ai signalé à la marque. Les photos sur le site sont très jolies, très cocooning, douceur et non retouchées (on aperçoit par exemple des petits poils aux aisselles sur leur jolie modèle, je valide à 100%). J'ai bien envie de me commander un joli modèle un peu plus glamour. Elles proposent aussi un maillot de bain que je suis assez tentée d'acheter !


3. L'o-culotte par Marguette


Le projet : C'est Marion du blog Marguette (qui a fermé depuis) qui a lancé cette o-culotte en 2018 via du crowdfunding. Cosmétologue bio, Soucieuse de santé, d'environnement et de confort, elle eut l'idée de lancer cette culotte pour simplifier la vie des femmes. Voici une vidéo où elle explique son projet. Plus de 7 000 culottes ont déjà été vendues sur son site tout simple et à son image, très douce,  et Marion gère seule avec un bébé. Un super projet entrepreneuriat !

Fabrication : Elle est fabriquée en France dans les Ateliers Lemahieu qui fabriquent aussi pour Le Slip Français, Le Bourget ou encore Arthur et Dagobert. Elle est en coton bio et sans nanoparticules d'argent. Elle est composée de 3 tissus (bambou, polyester enduit polyuréthane, coton bio le tout certifié STANDARD 100 by OEKO-TEX® qui garantit l’absence de produit nocif pour la santé et l’environnement.

Modèle et prix : modèle unique noir du XXS au XL (quelques tailles semblent indisponibles) et délai de livraison plutôt long, 3 mois, du fait qu'elles sont fabriquées à la commande avec peu de stock (ce que je trouve très bien, pas de perte). Elle est au prix de 32€90 auquel il faut ajouter 2,93€ de frais de port.

Mon avis : Je trouve le projet canon et j'apprécie le coté tout coton de la culotte et sa fabrication Made in France, en revanche je suis moins fan de l’élastique taille basse sur moi et du fait que la partie absorbante ne monte pas assez devant à mes yeux (Marion en a pris note en commentaire). Elle taille plutôt petit. Je pense que cela dépend des morphologies car j'ai vu beaucoup de bons commentaires.  


4. La culotte Fempo


Le projet : Fanny et Claudette voulaient créer une entreprise, pour aider les femmes à prendre plus de contrôle sur leur vie. En 2017, elles ont été marquées par les études et révélations successives sur la composition des protections féminines, toxiques. Rien n’existait encore sur le marché pour proposer une alternative à ces protections potentiellement nocives. 
Elles ont lancé une discussion autour des règles sur Facebook. Elles ne pensaient pas que ça allait prendre autant d'ampleur mais en 2 jours elles ont reçu plus de 3 000 messages. Les retours des femmes montraient une très grande frustration en terme de confort, de peur pour leur santé et d'empreinte environnementale par rapport aux produits utilisés. Pour résumer, les femmes se sentent obligées de faire un compromis entre santé, confort et écologie. 

"En fait, avec Claudette, on a toutes les deux fait des études en sciences politiques mais on a décidé de se lancer et d'essayer de proposer une solution pour ces femmes là, surtout que beaucoup disaient que, malheureusement, elles n'étaient pas du tout tentées par la cup (solution qu'on utilisait avec Claudette). C'est là qu'on a eu l'idée de développer nous même (avec des femmes testeuses et aussi notre ami Google grâce auquel on trouve toutes les infos du monde) une culotte menstruelle en tissu lavable qui remplace les protections pour la journée. Cela fait un an et demi qu'on a lancé le projet et on a abouti à une culotte que les filles adorent il y a 8 mois maintenant en procédant par itération et par écoute des femmes. Nous avons maintenant 20 000 utilisatrices dont la très large majorité sont très heureuses."


Fabrication : Les culottes fempo sont fabriquées en France et en Tunisie et certifiées OEKOTEX 100. 

Modèle et prix : 3 modèles, du 34 au 48, en 4 couleurs (de chair claire, puis de plus foncée à noire). C'est la culotte noire que j'ai testé, au prix de 32€ auquel il faut ajouter 3,90€ de frais de port.

Mon avis : J'adore le positionnement et l'enthousiasme de Magali et Claudette, leur site est à leur image, très nature, positif, on y voit de vraies femmes avec des vergetures, différentes couleurs de peau, elles ont même un super manifesto de warriors pour leurs culottes de l'espace. Rien à dire sur la culotte que j'ai trouvé super, en particulier la partie absorbante en V à l'avant, très bien pensée. A choisir j'opterais pour un modèle moins taille basse la prochaine fois, puisqu'elles proposent plusieurs modèles.


Et voici pour aujourd'hui ! Il me tarde de tester bientôt une ou deux autres culottes plus sophistiquées, en particulier l'Aglaé qui est beaucoup plus couture, non noire et en plus produite tout près de chez moi au Pays Basque, par une bretonne (trop de points communs!). 
Et vous, avez-vous testé des culottes menstruelles ? 
Comment vivez-vous votre cycle et vos règles ? Quels sont vos petits secrets pour bien les vivre ? 

4.4.19

Zéro déchet : comment se lancer et que faut-il savoir ?

Une gourde et des pailles en inox. Crédit : Vie Zéro Déchet

Cela fait maintenant 3 ans que je me suis mise au Zéro Déchet. C'est une démarche personnelle qui a du sens pour moi. Plutôt que de sombrer dans l'angoisse écologique devant les tonnes de déchets et les pronostics terrifiants des scientifiques, j'ai choisi de jouer à mon petit niveau. 3 ans plus tard, je fais un premier petit bilan. 

1. Le Zéro déchet ne se fait pas en un jour : 


A partir du moment où, suite à une conversation, un documentaire, une prise de conscience, on décide de jouer le jeu du Zéro déchet, on entre sur le chemin. On ne devient pas totalement zéro déchet du jour au lendemain, et d'ailleurs personne ne produit vraiment aucun déchet, car c'est impossible, même si vous avez supprimé votre poubelle d'ordures ménagères. Ce qui compte c'est ce chemin. Nous avons tous chez nous tout un tas d'objets et de consommables qui vont mettre un temps fou à disparaître des placards. Pour moi il était complètement non-écologique de jeter tout ce qui n'était pas zéro-déchet dans mes placards pour faire table rase et repartir de zéro. J'ai donc commencé le chemin du zéro déchet par une bonne année à "finir les stocks" et même parfois plus. Cela a été très rapide pour le coton jetable, les protections hygiéniques, le shampoing, ou encore la nourriture, mais un peu moins pour les produits de beauté, cotons tiges, papier alu, sulfurisé ou plastique, ou encore les sacs à glaçons, la lessive. C'est une période un peu frustrante où la poubelle devient encore plus grosse car on a tendance à vite vouloir terminer ces vilains produits pour adopter un mode de vie plus en adéquation avec nos aspirations. Soyons patients !

Ma recette de lessive maison non dangereuse pour la santé et l'environnement  Vie Zéro Déchet

2. Le zéro déchet n'est pas qu'une tendance déco pour instagram 


C'est vrai que c'est très joli cette tendance de zéro déchet avec tous ces jolis bocaux alignés sur des étagères Pinterest et ces petites brosses en bois. Surtout ne commencez pas votre révolution zéro déchet par acheter tout un tas d'objets qui feront jolis car cela serait complètement contre productif. Le mieux reste d'appliquer à la lettre et dans l'ordre les cinq règles du zéro déchet par Béa Johnson
  • REFUSER ce dont nous n'avons pas besoin (ce flyer, cet échantillon gratuit etc.)
  • RÉDUIRE ce dont nous n'avons pas besoin (ce énième t-shirt)
  • RÉUTILISER ce que nous consommons que ne pouvons ni refuser ni réduire
  • RECYCLER ce que l'ont ne peut ni refuser ni réutiliser
  • COMPOSTER tout le reste : épluchures etc.
Par exemple quand vous commencez le zéro déchet, ne foncez pas acheter des bocaux parfaitement calibrés mais réutilisez simplement les bocaux en verre de votre consommation : sauce tomate, compote, confiture etc. Apprenez à dire "non merci" quand on vous offre un échantillon qui va traîner dans un tiroir pendant des années. Collez un autocollant Stop Pub sur votre boite aux lettres et demandez à passer au digital pour les factures. Cuisinez vos épluchures en soupe, gardez les zestes d'agrumes pour vos tisanes, une fois séchés au four, c'est délicieux ! Nul besoin d'investir immédiatement dans des poubelles spéciales pour le verre, les emballages recyclables, le compost. Quand nous avons commencé avec mon copain, nous avons par exemple tout simplement utilisé un vieux bocal de ratatouille pour y mettre les épluchures et j'allais les vider dans un trou dans le jardin. Cela nous a laissé le temps de nous renseigner dans notre ville et de récupérer toute le matériel pour un joli composteur de jardin en bois et son petit seau fourni. Petits à petit vous pourrez vous faire plaisir avec de jolis bocaux ou en achetant des contenants en verre made in France comme les inusables Pyrex. Cela est bien utile pour faire des courses en vrac. Bref, ce ne sont pas les apparences qui comptent mais votre impact !

Si cela vous intéresse cependant j'ai créé un petit compte instagram "Vie Zéro Déchet"  où je parle de mes différentes recettes et je partage au quotidien les petits challenges et les joies du zéro déchet : ma recette de lessive, mes yaourts maison sans yaourtière, mon granola, mes trouvailles etc.

Ma recette de yaourts et ses variantes sur trouve aussi sur le compte Vie Zéro Déchet
Je fais moi-même mon Granola maison une fois tous les 3 mois : recette ici 
Mon placard avec des bocaux de toutes tailles non calibrés mais réutilisés ! 
Ici j'ai cuisiné des feuilles de chou fleur à la thai qui sont comestibles et que j'avais mis de côté. Sel de guérande en vrac de chez Biocoop.
De retour du marché local, aucun emballage à jeter. Tout a été acheté en vrac, merci les sachets en tissu, les boites d'oeufs réutilisées, les contenants en verre Pyrex acceptés par tous mes commerçants, les bocaux etc. Le miracle du zéro déchet, c'est possible !

3. Le zéro déchet demande du temps, de l'anticipation et de la patience 


J'éprouve un immense plaisir à être passée au zéro déchet en douceur depuis 3 ans. Mais je tiens à rappeler que ce n'est pas facile, surtout quand nous avons pris tout un tas d'habitudes depuis des années pour se simplifier la vie. Le ZD implique de cuisiner donc terminé la nourriture industrielle qui se prépare en 3 minutes. Mais c'est tellement meilleur de savoir précisément ce que l'on mange pour la santé et les papilles que je ne reviendrais jamais en arrière. 
Cela implique d'avoir sur soi des emballages (tote bags, sacs en tissu, sac à pain, bocaux, récipients et bouteilles en verre etc.)  quand on a faire des courses donc cela implique de les anticiper. Personnellement j'habite à la campagne donc je suis obligée de prendre la voiture pour aller au marché, et j'ai pris l'habitude de garder tout mes contenants dans le coffre pour ne jamais être prise au dépourvu. Et si j'ai un train à prendre (ce qui arrive très souvent) je prépare mon pique nique avec ma gourde, mon sandwich emballé dans du beeswrap, des fruits, une serviette de table en tissu et mon petit kit de couverts lavable. Je ne peux pas acheter un triangle emballé à la dernière minute. Et tant mieux ! J'ai vraiment l'impression que le ZD me protège des mauvais choix, c'est comme une ligne de conduite pour moi. 


Au début on est vraiment à fond et c'était mon cas, j'avais vraiment envie de tout faire moi-même : les produits de beauté (déodorant, dentifrices etc), de ménage, et la cuisine (lait d'amande, fromage, pain etc). Il faut admettre qu'on n'a pas le temps de faire tout ceci et qu'on ne peut pas tout faire aussi faisons confiance aux professionnels dont c'est le métier et choisissons ce que nous voulons faire nous même (dans mon cas les yaourts par exemple qui m'évitent des tonnes d'emballages et qui nous prennent très peu de temps) et ce que nous laissons aux professionnels et dans ce cas il nous faut simplement nous interroger sur la composition, la provenance et la qualité, ainsi que les emballages (pour ma part je préfère acheter mon déo crème dans son emballage en verre produit dans ma région, ou encore le pain bio de mon boulanger fait avec amour à 3 minutes de la maison). Mais je continue d’expérimenter, le ZD est une grande aventure. Je vais tenter de faire justement du lait d'amandes et voir si c'est rentable car la recette a l'air assez simple par exemple et c'est un produit qui coûte cher et m'oblige a recycler des emballages.

Toujours un mouchoir en tissu sur la table de nuit. Je les trouve sur Etsy par exemple.
Dans mon frigo des contenants de toutes tailles type Pyrex avec de la nourriture du marché : salade, fromage, jambon, poisson, raviolis, et des restes comme des pâtes. On aperçoit une étiquette de tare Biocoop sur ma boite à fromages. 

4. Le zéro déchet et les autres, comment faire avec ses proches 


Quand on se lance dans le Zéro Déchet on est souvent le seul de son entourage. Parfois vos proches recyclent, parfois non, parfois ils mangent n'importe quoi et achètent plein de conneries inutiles fabriquées dans des camps de travail en Chine. Ce n'est pas facile et on a parfois envie de les évangéliser, mais ils ne sont pas toujours prêts. Il faut être très délicat et ne pas toujours imposer son avis mais plutôt saluer les efforts de chacun. J'adore discuter avec ma boulangère qui est ravie de mettre ma boule de pain dans mon sac en tissu, ou encore le barista du TGV quand je craque pour une de leur délicieuses compotes bio dans un petit pot en verre et que je dis "non merci" pour la serviette en papier, le sac et la petite cuillère en plastique parce que je suis déjà équipée. Pareil avec le boucher à qui je prends des tranches de jambon en vrac ou le poissonier qui me vend des chipirons fraîchement pêchés dans le golfe de Gascogne et qui les met dans mon plat pyrex. Toutes ces personnes sont extrêmement bienveillantes et ravies de discuter. Quand on me pose des questions j'y réponds avec plaisir, mais je ne dis rien quand je suis invitée et que je vois des amis ou famille qui ne font pas le tri, ou qui achètent de l'industriel. Il faut respecter chacun et son cheminement personnel. Mais j'apporte un gâteau fait maison ou je viens avec mes contenants et cela permet parfois de discuter de ce que je fais, sans jugement. Je suis même parfois venue dîner chez ma sœur avec du vin en vrac de chez Franprix par exemple vous connaissez Jean Bouteille ?

Quand j'ai emménagé avec mon copain et revanche c'est différent car je n'avais pas très envie de faire 10 pas en arrière sur les bonnes habitudes que j'avais pris. Et j'ai de la chance, je suis tombée sur une perle ultra motivée par mes engagements ! Mais j'ai aussi fait des pas en avant vers lui en trouvant des alternatives à ses habitudes. J'ai cherché des recettes de crèmes au chocolat maison pour remplacer les Danettes et nous avons beaucoup de plaisir à cuisiner ensemble. Monsieur a maintenant son shampoing solide et il a investi dans des capsules rechargeables pour sa machine à café, que nous achetons en vrac chez Day by Day. Et je lui ai offert des jolis mouchoirs en tissu. Il n'y a pas encore tout qui est ZD chez nous mais le couple c'est aussi une affaire de compromis et je mesure ma chance de partager ma vie avec une personne aussi conciliante et soutenante. Et vous n'êtes pas seuls, il y a plein de groupes sur facebook, locaux ou non, et de communautés sur instagram par exemple sur le hashtag #Zerodechet. Lisez des blogs, vous verrez qu'on est super nombreux et ça fait chaud au cœur.

Les fameuses crèmes au chocolat dans des petits pots de recup ! Un régal ! Recette ici 
Que des ingrédients achetés en vrac pour mes financiers maison. Et j'adore ce bol de préparation verseur et mesureur de chez Pyrex, idéal pour faire mes yaourts et mes gâteaux
Des petits financiers maison, c'est tellement meilleur que des gâteaux industriels !

5. Il faut arrêter de se culpabiliser et s'autoriser quelques imperfections


Le mieux est l'ennemi du bien. N'oublions pas que la perfection n'est pas de ce monde. Parfois je me retrouve à me prendre la tête pour chaque achat et il est très difficile de ne consommer que local et bio et sans emballages et produit de manière éthique, sans polluer la planète ou faire souffrir des humains ou des animaux (ceux qui ont regardé la dernière saison de The Good Thing savent qu'il est impossible d'entrer au paradis devant tant de difficultés ! ). On ne sait jamais totalement comment sont fabriquées ces choses que l'ont achète, même fabriquées en Europe, même si elles coûtent cher (vous aviez vu ce Cash Investigation sur les ateliers du cuir en Italie ?). Certaines marques font des produits naturels mais leurs emballages ne sont pas recyclables, ou bien ce produit est dans un contenant en verre mais il contient un conservateur possiblement perturbateur endocrinien ou polluant pour l'eau. Quand on commence à consommer en pleine conscience cela devient vite infernal. Alors j'essaye de faire des concessions : oui ces bananes bio viennent de loin mais c'est mon exception et cela fait vivre les producteurs locaux. 

Il y a aussi des produits que je continue d'acheter avec emballages car je ne souhaite pas m'en passer, comme par exemple  mes lentilles mensuelles ou encore de la pâte feuilletée qui est beaucoup trop longue à cuisiner. Ou certains produits dont mon copain raffole et qui sont pas du tout vendus en vrac (si quelqu'un connait un plan pour le surimi sans plastique, je suis preneuse, c'est le seul produit aimentaire que je n'ai pas réussi à remplacer par un fait maison ou acheté en vrac). Faites vous confiance, ne soyez pas trop dans la culpabilité et ne devenez pas des extrêmes, ce qui conduirait à vous isoler totalement, ce qui n'est pas le but. Acceptez les cadeaux de vos amis, avec leurs emballages, soyez indulgents avec les autres et avec vous-même. A chaque jour suffit sa peine, rien ne sert de courir ! 

J'espère que cet article vous donnera des petites idées, et je serais ravie d'avoir les vôtres en commentaires. Bonne chance à tous !

Je fais macérer les épluchures d'agrumes dans le vinaigre blanc pour le parfumer : Vie Zéro Déchet
Sur le bord de l'évier : des brosses à légumes, vaisselles et casseroles difficiles, un liquide vaisselle naturel et du savon de Marseille : Vie Zéro Déchet

Cuisiner des légumes de saison achetés en vrac. Utilisez des condiments en vrac.Bannir le plastique.
Un exemple de petit-dej avec un smoothie vert et du granola, tout maison et sans emballage : Vie Zéro Déchet
De retour des courses avec aucun emballage jetable, que du réutilisable : Vie Zéro Déchet

27.11.18

Peut-on être une blogueuse mode éthique et responsable ?


8 ans que je tiens ce blog. Comme le temps passe vite. Il y a eu des années très fastes, ou je pouvais presque poster un look tous les jours, puis depuis quelques années, de moins en moins de looks, alors même que je vois que la plupart du temps ce sont ceux qui vous plaisent le plus. C'est que petit à petit j'ai eu de grandes difficultés à concilier l'envie de partager des looks et ma passion pour le style, avec l'envie d'être cohérente avec les valeurs que je voulais partager avec vous. 

Sur notre rapport avec la mode 


Si vous lisez ce blog, et que vous en avez lu des tas d'autres, et surtout, soyons à jour, que vous suivez des influenceurs ou votre meilleure copine Mireille sur instagram avec sa si joliiiie maison et ses robes toujours tellement mignonnes, vous êtes sans doute, comme 98% d'entre nous, plus ou moins victimes de la mode. Oui, vous qui sautez sur cette vente privée ou qui passez des heures sur La Redoute ou Asos pour trouver votre look de rentrée ou votre tenue de Noël. Inutile de vous blâmer, nous le sommes tous d'une façon ou d'une autre. 

La mode a du bon. La mode nous donne confiance en nous, elle nous habille, elle raconte une histoire sur nous, celles que nous avons peut-être envie de raconter, entre séduction et inhibition, selon la personnalité de chacun, . Chacun entretient un rapport avec elle, et elle n'a jamais fini d'évoluer.  Avant les magazines nous donnaient envie d'acheter la nouvelle mode à chaque saison. Désormais instagram nous donne des envies à chaque minute où nous sommes en train de faire défiler le feed. La mode c'est aussi le règle de la frustration et des envies jamais rassasiées. 

La mode existe pour les hommes et les femmes, mais je me suis encore plus interrogée sur mon rapport à la mode en tant que femme. Pour moi la mode a été un moyen de m'approprier mon corps et d'apprendre à l'aimer petit à petit avec ses particularités. J'avais été quelque peu "traumatisée" petite par un rapport uniquement utilitaire à l'habillement et la venue des formes avec l'adolescence avait été très difficile à vivre dans ce contexte déjà empli de complexes liés à mes tenues et au jugement des autres.  En devenant adulte j'ai eu envie de retrouver du plaisir dans l'habillement et je me suis jetée à corps perdu dans la mode et le shopping, dans la limite de mes petits moyens d'étudiante puis de jeune pro. J'étais subjuguée par tout ce que la mode proposait, sa puissance artistique et créatrice, et son éternel recommencement. Je passais des heures sur les blogs à admirer des tenues, puis dans les magasins à faire chauffer la carte bleue. Ce qui a donné une garde-robe assez fournie qui m'a plu temporairement à l'achat et les quelques mois qui suivent, mais qui s'avère à moyen et long terme, de mauvaise qualité et jetable, et surtout peu satisfaisante. Et d'ailleurs l'angoisse de "Je n'ai rien à me mettre" devant la penderie n'avait pas du tout disparu. Vêtements mal coupés, trop petits, trop grands, trop abîmés, troués, boulochés, décousus, démodés. Alors je fais des grands tris, je donne, je vends, et on continue. 

Tout ceci prend un temps fou et une énergie folle. C'est bête mais tout ce temps qu'on passe à se soucier de notre apparence, la mode, la beauté, le maquillage, l'épilation, la coiffure etc. c'est du temps (et de l'argent) qu'on ne passe pas à se cultiver, à réfléchir, à lire, à demander des augmentations, à apprendre de nouvelles choses, à rencontrer de belles personnes, à voyager, à investir sur soi. Toutes ces injonctions nous éloignent de l'intellectuel, du relationnel et du spirituel pour nous ancrer dans des injonctions matérielles qui ne s'arrêtent jamais. C'est vertigineux, et cela donne à réfléchir. D'où le titre quelque peu oxymoronique de cet article :)



Vers un habillement plus responsable 


En 2016 , suite à une prise de conscience générale sur ma consommation et les graves problèmes d'environnement et d'éthique liés à la fast fashion, je décide de ne rien acheter pendant un an
Franchement c'était dur psychologiquement, mais aussi une véritable délivrance. Plus ma penderie était vide, plus j'appréciais les pièces qui s'y trouvaient. Nous avons beaucoup trop de vêtements, nous achetons trop, nous jetons trop, et c'est dramatique. La première étape consiste à s'informer, regarder des documentaires, lire des articles, discuter avec des experts. Je me sentais d’autant plus impliquée qu'avec ce blog, j'avais contribué à partager ce cercle vicieux de la sur-consommation. Chaque personne un peu suivie sur internet - je suis une toute petite influenceuse mais c'est encore plus le cas pour une personne très suivie sur les réseaux - a une responsabilité vis à vis de ceux qui la lisent, en sus d'une responsabilité envers la planète et ses habitants. 

Depuis, j'essaye d'avoir une consommation vestimentaire plus responsable. Je ne suis pas parfaite car c'est impossible, mais j'essaye de faire de mon mieux et de tendre vers plus de minimalisme. Et oui cela devient plus difficile quand on commence à ouvrir les yeux. Quand vous commencez à lire les étiquettes des vêtements, il est très rare que les matières soient pures, naturelles et non polluantes, et encore plus rare qu'elles soient produites localement ou en tout cas dans un rayon géographique proche qui permet de faire baisser son bilan carbone mais aussi d'être sûr (on ne l'est jamais totalement) des conditions dans lesquelles elles ont été fabriquées. Je n'ai pas envie d'avoir des morts sur la conscience parce que j'ai trouvé ce petit top "trop mignon et pas cher" chez Primark.

L'alternative, c'est d'acheter des pièces parfois plus chères, mais de qualité, faites pour durer, et de ne pas hésiter surtout à choisir de la seconde main. Coup de bol j'ai toujours adoré le vintage et les friperies, mais on trouve aussi un tas de pièces super sympa sur Vinted ou de nombreux autres sites. L'idée c'est de n'avoir que des pièces qu'on a plaisir à porter, qu'on trouve à la fois jolies et confortables. Si des pièces doivent être réparées, faite-le ou confiez-les à un professionnel.  Et justement la tenue que je présente dans cet article tente d'illustrer mon envie de me vêtir de manière plus responsable. 




J'ai choisi chacune des pièces de cette tenue avec attention


Pour le look du jour, je porte un béret rose que j'adore et qui vient de l'Atelier du Béret Français que j'avais visité ici à Laas (dans le Béarn, mais ils ont depuis déménagé à Bayonne) : c'est une toute petite équipe (moins d'une dizaine) qui travaille les bérets pure laine des pyrénées,  un à un avec grand soin et  qui fournit des bérets made in France pour le monde entier !  Franchement sachant qu'ils ne sont pas plus chers que les autres, autant choisir ceux-là plutôt qu'un de chez Zara. On les trouve aussi aux Galeries Lafayette et ceux qui vivent dans le Pays basque peuvent aller directement à la boutique usine de Bayonne pour le payer encore moins cher.

Je possède cette pochette Longchamp vintage en cuir depuis 6 ou 7 ans mais elle a eu une vie avant moi puisque je l'avais trouvée en friperie à Paris, pour environ 10 euros. Je m'en sers régulièrement et elle n'a pas bougé. C'est un cuir brut, tout simple. Et cette jupe crayon en laine vient aussi de chez Emmaüs (à Tarnos) où je l'ai payée 2€. Et elle est parfaite, taille haute, de bonne longueur, agréable et de qualité. J'ai trouvé cette montre mécanique, que j'adore, en brocante il y a ou 4 ou 5 ans ; elle date des années 50 et j'avais juste fait changer le bracelet chez un petit artisan. Nul besoin d'avoir une dizaine de montres non plus. 

Mon pull est la pièce la plus récente de ce look puisqu'il s'agit d'un achat irlandais pendant les vacances de la Toussaint. Plutôt que d'acheter des souvenirs inutiles fabriqués en Asie, je prends toujours un grand plaisir à acheter les spécialités locales utiles lorsque je voyage et l'Irlande était le lieu rêvé pour trouver un gros pull tricoté et bien chaud ; en pure laine, fabriqué en Irlande bien sûr. Je l'ai choisi vert car c'est une de mes couleurs préférées l'hiver et par coquetterie parce qu'il va bien avec mes yeux de la même couleur. Il est bien épais et vient casser le côté chic de la tenue. Pour ne rien vous cacher, je n'avais pas du tout prévu de prendre en photo ce look ce jour-là où j'étais de passage à Paris, mais ma chère Marie-Paola avait son appareil photo dans son petit sac à dos et je suis ravie de ce look au débotté qui est un bon exemple de ma nouvelle manière de consommer, et qui j'espère vous plaira et vous inspirera.

Côté chaussures, je porte toujours ces bottines Minelli que vous avez déjà vues un tas de fois comme ici . J'avais choisi cette paire de noires basiques parce qu'elle étaient fabriquées en Italie et que je ne supporte que le cuir, qui ne me fait pas transpirer et qui est vraiment durable dans une garde robe. Mes collants sont des Calzedonia et sont fabriqués en Italie. J'étais ravie de découvrir cela  d'autant plus que je n'achète que ceux-là depuis des années et qu'ils sont sans emballage plastique. Et ils me font plusieurs saisons. 



Vers encore plus de transparence un jour ?


Cependant je me pose encore beaucoup de questions sur les conditions de travail dans la mode. Je ne sais pas si vous avez vu le Cash Investigation sur l'industrie du luxe, et j'ai été énormément choquée par les conditions de travail autour du cuir en Italie. Ces travailleurs, souvent étrangers,  étaient quasiment des esclaves, travaillant dans des conditions déplorables, et tabassés quand ils demandaient à être payés. Ces tanneries fournissent entre autre LVMH et d'autres géants du luxe. Ambiance. L’étiquetage de l'origine des vêtements et chaussures n'est même pas obligatoire en France, mais déjà qu'est-ce que cela veut dire "Made in Italy" réellement ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur les conditions de fabrication ? Quelles sont les garanties proposées, quid de la transparence?   J'ai découvert que cela ne garantissait en aucun cas une fabrication humainement respectueuse ( et encore je ne rentre pas dans le débat du respect des animaux). Il faut en être conscients, nous n'avons aucune information sur la fabrication des matières premières ou même les conditions de travail dans les usines où sont fabriqués nos vêtements. Même les petits créateurs français s'approvisionnent sans doute en cuir provenant de tanneries louches. C'est désespérant. 

Le plus important reste de s'informer et d'essayer de faire de son mieux, à son niveau. De mon côté, j'essaye à mon petit niveau d'évangéliser pour une consommation réduite au minimum, et plus responsable. Faites comme vous pouvez. Un petit pas c'est déjà bien. Ne jugez pas ceux qui sont derrière et qui n'ont rien compris, ne soyez pas frustrés de ne pas arriver aussi bien que les super minimalistes et celles qui possèdent en tout et pour tout une dizaine de vêtements dans leur penderie, telle Béa Johnson. "Ne craignez pas d'atteindre la perfection, vous ne l'atteindrez jamais" nous disait Dali. 

Car il ne s'agit pas d'un but à atteindre, mais d'un chemin à parcourir.





Crédit Photo Marie-Paola Bertrand-Hillion.